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Poésie

Recueil de poèmes

Wolf Gorbatchèv OSCAR

Né dans l’âme des caraïbes, précisément dans la cité des acajous (Lascahobas, Haïti), je suis un amoureux de mots qui se plait à écrire ce que j’apprends dans le livre qu’est la vie. Enfant, je griffonnais des mots sur des papiers, le plus souvent quand le silence ruine mon cœur.
Ecrire c’est ma vocation. Les mots coulent dans mes veines!

Vivre en couple

Vivre en couple est un art
Ça s’apprend chaque jour
Chacun abaisse la barre
Et se voile de l’amour
Vivre en couple est un délice
Quand chacun devient complice
Et enterre son orgueil
Pour protéger le cœur des écureuils
Vivre en couple c’est se fusionner
En pensée, en parole et en action
C’est souffrir avec l’être aimé
Et se réjouir dans d’autres situations

Vivre en couple c’est être attentif
C’est voir l’autre dans ses objectifs
Se sacrifier pour son bonheur
Et avoir les bras disponibles dans le malheur
Vivre en couple c’est être un et deux à la fois
C’est pouvoir protéger et chérir
La flamme de passion qui brille sous le toit
Malgré les épreuves qui font souffrir
Vivre en couple c’est travailler sans cesse
Pour éviter les mots et les actes qui blessent
Qui laissent le cœur infirme
Au bord de l’abîme

Vivre en couple c’est rajeunir le temps
Avec des caresses et de tendres affections
C’est vouloir atteindre la perfection
Quand le monde est en sang
Vivre en couple c’est cultiver le respect
L’envie d’être meilleur
Pour maintenir le flambeau de la paix
Ici et ailleurs
Vivre en couple c’est planter des secrets
L’un en l’autre tout au long des années
C’est savoir être discret
Et félin par nécessité
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Si tu me vois

Si tu me vois allonger sur le trottoir
Avec le béton pour oreiller
Et l’asphalte pour canapé
Sache que la misère me laisse ce pourboire
Si tu me vois avec des vêtements sales
Sommeillant sur ce paquet de déchets
Respirant la puanteur de mes plaies
Sache que l’abandon est pire qu’une balle
Si tu me vois attabler dans les poubelles
Attendant les vomissures d’un samaritain
Pour enivrer ma faim
Sache que la honte me harcèle
Si tu me vois avaler l’eau des rigoles
Le foyer des microbes
Et que la maladie ne m’absorbe
Sache que l’envie n’a pas de bémol
Si tu me vois flancher dans la dépression
En train de ramasser mon courage
Malgré le naufrage
Sache que tout commence par une illusion
Si tu vois mes dents briller au soleil
Ma joue colorée par le besoin
Mon front plissé par le manque de soin
Sache que les secondes ne sont pareilles
Si tu me vois derrière un camion
En train d’éjaculer mon courroux
En m’agitant comme un fou
Sache que la pauvreté brouille la vision
Si tu me vois genoux à terre
Les mains en l’air
Le regard fixé vers le ciel
Sache qu’il peut me tirer du fiel
Si tu me vois pleurer le soir
Quand tout est noir
Et sans issu
Sache que qui croit ne sera déçu

J’ai vu la misère
J’ai vu la misère sortir ses griffes
Et frapper une famille sans défense
J’ai vu son visage agressif
Chasser la joie de l’enfance
Enveloppe-moi sous tes bras maman
La tempête gronde, ne lâche pas ton enfant
J’ai vu la misère s’en prendre à l’estomac
Et narguer les larmes dans les yeux
J’ai vu ses cornes déchirer l’hamac
Et briser le bouclier des vœux
Enveloppe-moi sous tes bras maman
La tempête gronde, ne lâche pas ton enfant
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J’ai vu la misère embrouiller les sentiments
Et mater la conscience des êtres vivants
J’ai vu son courroux empester un couple
Et contaminer les gestes souples
Enveloppe-moi sous tes bras maman
La tempête gronde, ne lâche pas ton enfant
J’ai vu la misère donner des armes
Et faire tomber une pluie de sang
J’ai l’ai vu avaler des larmes
Là où il ne reste plus que néant
Enveloppe-moi sous tes bras maman
La tempête gronde, ne lâche pas ton enfant

J’ai vu la misère claquer ses doigts
Jeter derrière les barreaux de la mendicité
J’ai vu sa violence, les os qu’elle broie
Et la démission des autorités
Enveloppe-moi sous tes bras maman
La tempête gronde, ne lâche pas ton enfant
J’ai vu la misère défoncer les crânes
Oter la moelle de la politesse
J’ai vu la misère charger comme un âne
S’écrouler sur un peuple en détresse
Enveloppe-moi sous tes bras maman
La tempête gronde, ne lâche pas ton enfant
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Un dernier adieu
C’est l’heure où les étoiles bâillent
Mon lit meurt d’ennuis
Dans ma tête c’est la pagaille
Ô doux sommeil, me visiteras-tu cette nuit
Au crépuscule des nuages voilés de noir
La lune se dénude
Ô doux frissons, apaise mon désespoir
L’attente est trop rude
Je veux déchirer ses rayons
Et expirer dans la clarté de sa beauté
Avant que le soleil se venge sur l’obscurité
Et l’accable avec ses sermons
Ô doux sommeil, ne me contrarie pas
Il y a dans la nuit un mystère qui m’intrigue
Éloigne-toi, ô fatigue
Ne m’importune pas
La nature me confie ses secrets
Ses illusions et ses regrets
L’ombre bascule la clarté dans les égouts
Mon lit s’impatiente, c’est l’heure de m’allonger
Sinon la fatigue tordra mon cou
Et mon lit ne pourra me consoler
Mes paupières sont trop lourdes
C’est l’heure de fermer mes yeux
Bien que ma curiosité boude
Et de dire à la journée un dernier adieu

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Vis
Vis, même si l’aurore est loin
Même si demain est flou
Vis, même si on te prend pour un fou
Même si tu es assiégé par le besoin
Vis, même sans étoiles pour te guider
Sans un brin d’amour pour te réconforter

Vis, même si le monde te haie
Et tes proches te traitent comme une plaie
Vis, même si l’échec est ton pain
Même si les bombes te font peur
Vis, même si l’horreur colore ton teint
Et tu t’endors sur le lit de tes pleurs

Vis, au bout de la nuit il y a le jour
La victoire est dans la foi
Vis, le soleil est impartial dans les cours
Le succès est dans nos choix

Vis, même si la rue est ta maison
L’amertume, ta prison
Vis, même si ton cœur est en feu
Ta famille, divisée
Vis, même si le chagrin tue tes yeux
Même sans raison d’espérer

Vis, même si tu es un enfant non désiré
Conçu dans un moment de folie
Vis, même si ta couleur enfante des préjugés
Ta langue, des âneries
Vis, car tu es né pour vivre
Pour que le bonheur te rend ivre

Vis, au bout de la nuit il y a le jour
La victoire est dans la foi
Vis, le soleil est impartial dans les cours
Le succès est dans nos choix

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Le corps d’une femme
Le corps d’une femme n’est pas un tambour
Qu’on peut battre au rythme de ses humeurs
Ce n’est pas un objet qu’on doit jeter au four
Ni une chose pour se défouler lors des fureurs

Le corps d’une femme n’est pas un stade
Où l’on peut pratiquer les sports violents
Ce n’est pas un lieu pour que les poings baladent
Sous l’hilarité d’un peuple souffrant

Le corps d’une femme n’est pas un jeu
Où l’on peut, par la force, cracher son venin
Pour pouvoir vanter l’outil en feu
Et collectionner des cris pour demain

Le corps d’une femme n’est pas une mer
Où les bateaux peuvent circuler chaque jour
Sans amour, impossible de voir la terre
Sous la tempête d’émotion qui nous fait la cour

Le corps d’une femme n’est pas un fruit
Qu’on peut cueillir sans la permission de l’arbre
Pour satisfaire quelques passions macabres
Même si l’on est protégé par la nuit

Le corps d’une femme n’est pas une poubelle
Où l’on peut jeter les injures, les soucis
Pas un divertissement quand l’ennui se mêle
Et quand on a marre de la vie

Le corps d’une femme n’est pas ton objet
À cause d’une bague ou d’un contrat
Ce n’est pas un vin pour s’enivrer
Quand tes désirs veulent te massacrer
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La poubelle
Je frappe mais on ferme les portes
Seule la poubelle est hospitalière
J’ai beau frapper les cœurs de pierre
Hélas ! La compassion est morte
Seule poubelle est compréhensive
Elle sait que la faim est agressive
Qu’un jour elle peut me tuer
Sans me laisser le temps de chanter

On n’est rien sans un sou et un métier
On n’est rien sans un brin d’humanité

Demander l’aumône épuise ma voix
Les bons samaritains n’existent pas
Seule la poubelle est attentionnée
Elle sait que la faim engendre la violence
Pour la morale c’est la décadence
Je n’ai plus de temps pour pleurer
Seule la poubelle est triste
Quand je suis sur une glissante piste

On n’est rien sans un sou et un métier
On n’est rien sans un brin d’humanité

Je dors sur les trottoirs
Seule la poubelle est mon amie
Les gens passent, vivent leur vie
Pourtant je dépéris dans le noir
Seule la poubelle est ma famille
En l’apercevant, mon visage brille
Je sais qu’elle défend ma cause
Qu’elle ne me juge pas comme une chose

On n’est rien sans un sou et un métier
On n’est rien sans un brin d’humanité
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Pour…
Pour le meilleur et pour le pire
L’homme n’a cure de l’amour
Seul compte l’assouvissement de ses désirs
Et le plaisir de faire la cour

Pour le bonheur et pour le malheur
L’homme prend le chemin du mariage
Il promène loin de son rivage
Ignorant les douleurs

Pour la gloire et pour un nom
Les parents vendent leurs enfants
Au premier qui se montre garant
Et qui est prêt à faire des dons

Pour la vengeance et pour la haine
L’homme investit dans les armes
Négligeant l’océan de larme
Et les foyers broyés par la peine

Pour la honte et pour l’hypocrisie
L’homme promet plus que ce qu’il peut donner
Il priorise l’illusion sur la réalité
Même si les victimes crient

Pour la fortune et pour le pouvoir
On peut violer la constitution
Légaliser la corruption
Dans tous les couloirs

Pour la maladie et pour la mort
L’homme valorise la pollution
Pourra-t-on vaincre ces torts
Et stopper la dégradation

Pour nos rêves et pour l’avenir
On doit lutter, on doit espérer
Pour éviter le pire
Malgré les mers à traverser
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Seul, l’espoir
Seul, l’espoir ne peut sauver le monde
Tant de soupir paralyse la vie
Tant de colère gronde
Dans les cœurs assujettis

Seul, l’espoir ne peut vaincre le temps
Tant de rêve en quarantaine
Guettant le bon moment
Tant d’issue pourtant on peine

Seul, l’espoir finira dans la tombe
Avant le premier chant du coq
Il sera écrasé par un bloc
Lancé par nos humeurs sombres

Seul, l’espoir est un orphelin
Gémissant sous le poids des déceptions
Il erre en vain
Sans penser à la révolution

Seul, l’espoir ne peut s’épanouir
Dans cet univers peuplé de haine
Où l’on décapite les sourires
L’aube sera tuée par les peines

Seul, l’espoir n’est rien
Les épreuves le manipule
En mal ou en bien
Pour que l’on capitule

Seul, l’espoir n’a pas de souffle de vie
Pour nous pousser vers la cime
Et nous faire goûter le sublime
Malgré tant de souci

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Si tu me vois
Si tu me vois allonger sur le trottoir
Avec le béton pour oreiller
Et l’asphalte pour canapé
Sache que la misère me laisse ce pourboire
Si tu me vois avec des vêtements sales
Sommeillant sur ce paquet de déchets
Respirant la puanteur de mes plaies
Sache que l’abandon est pire qu’une balle
Si tu me vois attabler dans les poubelles
Attendant les vomissures d’un samaritain
Pour enivrer ma faim
Sache que la honte me harcèle
Si tu me vois avaler l’eau des rigoles
Le foyer des microbes
Et que la maladie ne m’absorbe
Sache que l’envie n’a pas de bémol
Si tu me vois flancher dans la dépression
En train de ramasser mon courage
Malgré le naufrage
Sache que tout commence par une illusion
Si tu vois mes dents briller au soleil
Ma joue colorée par le besoin
Mon front plissé par le manque de soin
Sache que les secondes ne sont pareilles
Si tu me vois derrière un camion
En train d’éjaculer mon courroux
En m’agitant comme un fou
Sache que la pauvreté brouille la vision
Si tu me vois genoux à terre
Les mains en l’air
Le regard fixé vers le ciel
Sache qu’il peut me tirer du fiel
Si tu me vois pleurer le soir
Quand tout est noir
Et sans issu
Sache que qui croit ne sera déçu
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